
“The 7th Art: Still an Art?” — Filmmakers from Europe and the United States sound the alarm at Cannes
“Cinema Is Not Content”: Cannes panel calls for urgent protection of artistic freedom and independent creation
Cannes, 17 May 2026 — At the Cannes Film Festival, filmmakers gathered on Sunday 17 May for the panel discussion “The 7th Art: Still an Art?”, a timely and urgent conversation on the future of cinema in Europe and the United States amid accelerating industrial consolidation, deregulation and increasing pressure toward standardisation.
Organised by the Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (L’ARP), the Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), the Federation of European Screen Directors (FERA) and the Director’s Guild of America (DGA), the panel discussion brought together filmmakers from both sides of the Atlantic.
Moderated by directors Radu Mihaileanu and Zoé Wittock, the panel featured US director Ira Sachs, Estonian director Anna Hints, Cypriot director Athena Xenidou, Italian director Francesco Ranieri Martinotti.
Throughout the discussion, participants collectively affirmed a powerful message: cinema, although also an industry, remains above all an art, an art founded on freedom of creation, independence and the diversity of imaginaries.
Against a backdrop of major transformations in both Europe and the United States, the panel highlighted growing concerns over the increasing reduction of cinema to mere “content”, shaped by imperatives of profitability, platform dominance and vertical integration.
In Europe, speakers warned that ongoing discussions surrounding the future AgoraEU programme risk weakening support mechanisms for film creation and undermining the principles of artistic independence and cultural diversity that have long defined the European model. Participants also stressed that key legislative frameworks underpinning the cultural exception and territoriality principles — including the windowing system — are facing renewed threats.
Speaking about the American reality, Ira Sachs painted a stark picture of the independent film landscape in the United States. According to Sachs, only “4 to 5%” of directors from his generation are still able to make films rather than products. He described an industry increasingly driven by marketability and celebrity attachment, where partnerships with major stars often become a prerequisite for financing and visibility. Sachs also warned of the collapse of exhibition networks, noting that more than 1,000 cinemas have closed across the United States, severely limiting the ability of independent films to be seen, distributed and discovered.
He further underlined the absence of meaningful public support mechanisms for independent filmmaking in the US, where cinema is largely financed by private wealth and increasingly subject to commercial imperatives. “There is a very strong interplay between what you can sell and what you can tell,” he explained, highlighting how filmmakers are often forced into roles of “salesmanship” simply to secure financing and maintain creative activity.
Estonian director Anna Hints shared the perspective of smaller European film ecosystems and stressed the vital importance of European support schemes such as the MEDIA programme.
Hints noted that while Estonian Film Institute’s total annual support for film development and production stands at approximately €7 million, support from MEDIA has reached €11 million through the 24 years — an indispensable contribution for sustaining the country’s audiovisual sector and enabling Estonian stories to travel internationally. Her latest film « Smoke Sauna Sisterhood » which became one of the most successful Estonian film in history and sold to 33 territories, benefited significantly from this support.
Hints emphasised that preserving cinema also requires helping audiences understand how films are made and why independent storytelling matters. “If we want to continue telling important stories, people must understand what cinema is and how these stories come into being,” she argued.
Athena Xenidou spoke of two positive pillars in Cyprus promoting artistic integrity in cinema: the Cyprus Film Commission’s cash rebate scheme, with an annual scheme cap of €25 million — and the Cyprus Cinema Advisory Committee (SEKIN), a selective funding body under the Deputy Ministry of Culture. Both have been running in parallel successfully for years, cultivating local voices and storytelling and enabling international co-productions, with feature films, animation and documentaries achieving both commercial success and selection at A-list festivals.
Francesco Ranieri Martinotti focused on Europe’s immense artistic heritage and warned against the growing risks posed by generative artificial intelligence. While Europe’s cultural wealth and creative works are increasingly used to train AI models, he warned that artists remain “extremely weak” in front of global technology giants and stressed that robust regulation is essential to protect creators and their rights.
All arts are culture and must be treated as such — not merely as industries. AgoraEU must represent more than a funding mechanism; it must embody a genuine vision for Europe’s cultural future.
At a moment of profound transformation for the audiovisual sector, participants issued a clear and united warning: if cinema loses its independence and diversity, it risks losing its very nature as an art form.
Français :
« Le 7e Art : est-il encore un art ? » – Des cinéastes européens et américains tirent la sonnette d’alarme à Cannes
« Le cinéma n’est pas du contenu » : une table ronde à Cannes appelle à une protection urgente de la liberté artistique et de la création indépendante
Cannes, 17 mai 2026 – Au Festival de Cannes, des cinéastes se sont réunis dimanche 17 mai pour une table ronde intitulée « Le 7e Art : est-il encore un art ? », une discussion à la fois actuelle et urgente sur l’avenir du cinéma en Europe et aux États-Unis, dans un contexte d’accélération de la concentration industrielle, de dérégulation et de pression croissante vers la standardisation.
Organisée par la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (L’ARP), la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), la Fédération européenne des réalisateurs de l’audiovisuel (FERA) et la Directors Guild of America (DGA), cette rencontre a réuni des cinéastes des deux côtés de l’Atlantique.
Animée par les réalisateurs Radu Mihaileanu et Zoé Wittock, la table ronde accueillait notamment le réalisateur américain Ira Sachs, la réalisatrice estonienne Anna Hints, la réalisatrice chypriote Athena Xenidou ainsi que le réalisateur italien Francesco Ranieri Martinotti.
Tout au long des échanges, les participants ont défendu un message fort : si le cinéma est aussi une industrie, il demeure avant tout un art fondé sur la liberté de création, l’indépendance et la diversité des imaginaires.
Dans un contexte de profondes mutations en Europe comme aux États-Unis, les intervenants ont exprimé leur inquiétude face à la réduction croissante du cinéma à un simple « contenu », façonné par des impératifs de rentabilité, la domination des plateformes et l’intégration verticale.
En Europe, les intervenants ont averti que les discussions en cours autour du futur programme AgoraEU risquent d’affaiblir les mécanismes de soutien à la création cinématographique et de remettre en cause les principes d’indépendance artistique et de diversité culturelle qui caractérisent depuis longtemps le modèle européen. Les participants ont également souligné que plusieurs cadres législatifs essentiels à l’exception culturelle et au principe de territorialité – notamment la chronologie des médias – font de nouveau l’objet de menaces.
Évoquant la situation américaine, Ira Sachs a dressé un constat alarmant du paysage du cinéma indépendant aux États-Unis. Selon lui, seuls « 4 à 5 % » des réalisateurs de sa génération parviennent encore à faire des films plutôt que des produits. Il a décrit une industrie de plus en plus guidée par le potentiel commercial et l’association à des célébrités, où les partenariats avec de grandes stars deviennent souvent une condition préalable au financement et à la visibilité. Sachs a également alerté sur l’effondrement des réseaux de salles, rappelant que plus de 1 000 cinémas ont fermé aux États-Unis, limitant fortement la capacité des films indépendants à être vus, distribués et découverts.
Il a aussi insisté sur l’absence de véritables mécanismes publics de soutien au cinéma indépendant aux États-Unis, où le secteur dépend largement de financements privés et subit de plus en plus les impératifs commerciaux. « Il existe une interaction très forte entre ce que l’on peut vendre et ce que l’on peut raconter », a-t-il expliqué, soulignant que les réalisateurs sont souvent contraints d’endosser un rôle de commerciaux simplement pour obtenir des financements et continuer à créer.
La réalisatrice estonienne Anna Hints a partagé le point de vue des petits écosystèmes cinématographiques européens et souligné l’importance vitale de dispositifs européens tels que le programme MEDIA.
Hints a souligné que, si le soutien annuel total de l’Estonian Film Institute au développement et à la production cinématographiques s’élève à environ 7 millions d’euros, le soutien du programme MEDIA a atteint 11 millions d’euros au cours des 24 dernières années — une contribution indispensable pour soutenir le secteur audiovisuel du pays et permettre aux récits estoniens de rayonner à l’international. Son dernier film, Smoke Sauna Sisterhood, devenu l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma estonien et vendu dans 33 territoires, a largement bénéficié de ce soutien.
Hints a également insisté sur le fait que préserver le cinéma implique aussi d’aider les publics à comprendre comment les films sont réalisés et pourquoi le récit indépendant est essentiel. « Si nous voulons continuer à raconter des histoires importantes, les gens doivent comprendre ce qu’est le cinéma et comment ces histoires prennent vie », a-t-elle déclaré.
Athena Xenidou a mis en avant l’impact positif des dispositifs d’incitations fiscales et de cash rebate à Chypre. Le programme d’incitations fiscales et de remboursement de dépenses de la Cyprus Film Commission, plafonné à 25 millions d’euros, ainsi que le Cyprus Cinema Office, un dispositif de financement sélectif placé sous l’autorité du ministère adjoint de la Culture, fonctionnent avec succès depuis plusieurs années, favorisant l’émergence de voix locales, le développement de récits originaux et les coproductions internationales. Ces soutiens ont permis à des longs métrages, films d’animation et documentaires de rencontrer un succès à la fois commercial et dans les festivals de catégorie A, notamment au Festival de Cannes.
Francesco Ranieri Martinotti s’est concentré sur l’immense patrimoine artistique européen et a mis en garde contre les risques croissants liés à l’intelligence artificielle générative. Alors que les richesses culturelles et les œuvres créatives européennes sont de plus en plus utilisées pour entraîner les modèles d’IA, il a estimé que les artistes restent « extrêmement faibles » face aux géants mondiaux de la technologie et a insisté sur la nécessité d’une régulation solide pour protéger les créateurs et leurs droits.
Tous les arts relèvent de la culture et doivent être considérés comme tels, et non simplement comme des industries. AgoraEU doit représenter bien plus qu’un simple mécanisme de financement : il doit porter une véritable vision pour l’avenir culturel de l’Europe.
À un moment de profonde transformation du secteur audiovisuel, les participants ont lancé un avertissement clair et unanime : si le cinéma perd son indépendance et sa diversité, il risque de perdre sa nature même d’art.


