« C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Christian Paureilhe, survenu le 22 décembre 2025, à l’âge de 78 ans. Cinéaste de L’ARP, il laisse derrière lui une œuvre singulière et un parcours marqué par une rigueur artistique constante et une fidélité profonde au cinéma comme espace de liberté, de réflexion et de transmission.
Son parcours est riche et varié, et tourné vers un cinéma exigeant qui le passionnait : acteur, producteur, réalisateur, scénariste, dialoguiste, directeur de la photo, monteur…
Il débute dans le cinéma en 1965, à l’âge de 18 ans, dans le cinéma et à la télévision, comme assistant-stagiaire réalisateur ou assistant-stagiaire monteur sur des films de Jacques Doniol-Valcroze, Jean-Luc Godard, Jean Becker, Maurice Delbez, François Reichenbach, etc., puis comme chef monteur, notamment avec Michel Drucker et comme directeur artistique de la série Histoire et tendances du dessin animé avec Robert Benayoun et Solange Peter.
Passionné par l’écriture, il travaille à des scénarios, commentaires, articles avant d’aborder la réalisation et la production de courts et longs métrages. Il obtient le Prix Jean Vigo en 1976 pour son court-métrage Caméra.
Son premier long métrage, La plaine du Vivivouioui (1969), révèle déjà son goût pour une écriture cinématographique personnelle et audacieuse, presque expérimentale. A la fois lyrique et radical,Allégorie (1974) est construit comme une expérience visuelle et sonore intense où l’image devient poème et sensation. Se construit, étape par étape, une filmographie hors des sentiers battus, qui ne cherche pas à s’aligner sur le cinéma traditionnel, et tente de dessiner une œuvre exigeante, passant d’un genre à l’autre, travaillant la fiction et le documentaire.
Il touche le grand public avec Démons de midi (1979), drame social profond sur les aspirations et les désillusions d’un homme à la recherche de liberté et de sens dans une société en mutation. Son héros, interprété par Pierre Mondy, évoque le voyage au bout du désespoir d’un homme auquel la vie semble systématiquement tourner le dos. Un à un, les panneaux de son décor psychologique, affectif, professionnel, passionnel se craquellent, puis s’effondrent. Christian Paureilhe traite son sujet avec gravité mais beaucoup de tendresse, dans un style très personnel, remarqué par la critique.
Afin de mener à bien ses projets, il fonde en 1994 Nord/Sud productions avec Monica Regas, avec la double vocation de produire des documentaires de création et des expositions d’arts plastiques, et de gérer également le catalogue des films écrits, produits et réalisés par Christian Paureilhe. Ces dernières années, il s’est attaché à la préservation de ses films, et à leur valorisation, cherchant des espaces de diffusion.
Son travail ne se limita pas à la fiction. Il réalisa aussi des documentaires et films pour la télévision qui témoignent de son regard attentif sur le monde, comme Mes morts seront beaux (2009), une méditation poignante sur le deuil et le rituel de la mort, ou encore Au nom de la loi… une histoire de la gendarmerie (2005), portrait rigoureux et humain d’une institution française à travers les siècles.
Nous adressons nos pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qui ont travaillé à ses côtés. »
Eric Le Roy, membre de L’ARP


